Elseneur 38 : Pratiques d’amateurs au XVIIe siècle

Appel à publication
Date limite de réponse : 31/03/2022

________________

Appel à contributions 
Les propositions sont à soumettre aux directrices du numéro pour mars 2022 et seront examinées avant la fin du mois d’avril. Les articles seront à rendre en décembre 2022. 
 
LE PARISIEN : Il y a à Paris une infinité de poètes qui se destinent à travailler pour le théâtre sans avoir jamais appris les règles du poème dramatique, et sans vouloir les apprendre. 
LE PROVINCIAL : On en voit aussi dans la province. Il y a actuellement auprès de chez moi un commis des Aides qui travaille à une tragédie : ce commis n’a jamais étudié que l’arithmétique ; il se croit pourtant capable de faire une pièce de théâtre, parce qu’il a lu, et qu’il sait peut-être par cœur deux ou trois pièces de théâtre. 
P. de Villiers, Entretiens sur les contes de fées (1699)
 
L’ouvrage de Villiers fait état du développement, au cours du XVIIe siècle, dans le domaine des lettres, des pratiques d’amateurs. Dans la mouvance des écrivains galants, il y a certes de nombreux auteurs qui, quoique ayant pignon sur rue, adoptent un ethos d’amateur, mais il y a également un grand nombre de véritables amateurs, à l’instar de l’Oronte du Misanthrope. Ce sont précisément les œuvres de ces derniers qui vont être l’objet du numéro 38 de la revue Elseneur : les œuvres de ceux qui sont dans la ligne de mire de l’abbé de Villiers. Il ne s’agira donc pas de s’intéresser à la posture d’amateur que prennent des écrivains de métier, mais bien aux amateurs des lettres. Les articles pourront aborder la question selon différents angles, la liste suivante ne prétendant pas être exhaustive : 
 
- Les œuvres des amateurs 
En quoi s’apparentent-elles ou se distinguent-elles des œuvres des professionnels ? Quelles sont les marques de l’amateurisme, notamment les marques stylistiques ? Quels sont les genres et les formes de prédilection des amateurs ? La pratique de ces genres et formes par les amateurs a-t-elle une 
influence sur la poétique ceux-ci ? 
 
- Écrivains et écrivants 
Par contrecoup, alors que la production des amateurs se développe, les œuvres d’auteurs ont-elles des caractéristiques spécifiques qui les distinguent ? Le grand mouvement de théorisation des genres au XVIIe siècle peut-il aussi s’interpréter comme corrélé à l’amateurisme ? 
Quelle « formation » est celle des amateurs : pratiques sociales, modes, ouvrages de vulgarisation... ? La catégorie, moderne, des minores recoupe-t-elle celle des auteurs amateurs ?
 
- Amateur et amatrice 
Y-a-t-il une déclinaison féminine de l’amateurisme ? 
 
- Publication des œuvres d’amateurs 
La publication des œuvres d’amateurs : pour quel(s) public(s) et au moyen de quels supports (lecture publique, manuscrit, impression) ? Quelle reconnaissance publique pour les œuvres d’amateurs (signature, privilège) ? 
 
- La critique des œuvres d’amateurs 
De quelle manière les contemporains désignent-ils et caractérisent-ils ces pratiques ? Dans la catégorie esthétique de la galanterie, y a-t-il des mots, des expressions qui réfèrent (plus) spécifiquement aux œuvres d’amateurs ? Quels discours critiques sont produits, et dans quels cadres, valorisant ou discréditant les œuvres d’amateurs ?
 

Les propositions d’articles sont à envoyer avant la fin mars à :

  • Miriam Speyer  : miriamspeyer@gmx.net
  • Marie-Gabrielle Lallemand : marie-gabrielle.lallemand@unicaen.fr